Home > Quoi de neuf > Étude de cas sur le TLR – L’impact du TLR à la station Blair sur les entreprises locales
Contexte
La station Blair, située à l’extrémité ouest d’Orléans, a ouvert en 2019 comme terminus est de la phase 1 du TLR d’Ottawa. Le secteur est un important pôle de transport reliant les navetteurs du centre-ville aux quartiers de l’est, comme Orléans, Blackburn Hamlet, etc. La station est entourée de services clés, dont le Gloucester Centre, de grands commerces et restaurants, des hôtels et des centres d’emploi, ce qui en fait un point stratégique pour l’activité économique dans l’est de la ville.
L’arrivée du TLR a apporté des avantages importants à la communauté. Un meilleur accès au transport en commun a augmenté l’achalandage vers les commerces à proximité, facilité les déplacements des travailleurs et des étudiants, et renforcé l’attrait du secteur pour le développement futur et l’investissement.
En même temps, des résidents, des entreprises et des associations communautaires ont signalé des résultats mitigés depuis l’ouverture de la station. Bien que plusieurs apprécient la meilleure connectivité et le potentiel économique, d’autres ont exprimé des inquiétudes concernant la sécurité, notamment une perception d’augmentation de la criminalité, du flânage et de certains désordres sociaux dans le secteur.
Ces discussions continues entre les résidents, les ZAC (BIA), la Ville et le Service de police d’Ottawa influencent encore la façon dont la sécurité et l’accessibilité sont gérées à mesure que la communauté grandit.
Le changement ou les actions
Depuis la mise en service de la station Blair, les résidents et les entreprises ont remarqué des changements visibles dans l’activité locale. La station accueille maintenant des milliers d’usagers chaque jour et a augmenté la circulation piétonnière dans les zones commerciales voisines, surtout autour du Gloucester Centre et des commerces adjacents.
Cependant, cette nouvelle activité a aussi amené des défis. Entre 2020 et 2022, plusieurs intervenants locaux ont observé une hausse des vols, du vandalisme et des troubles publics dans les stationnements du Gloucester Centre et sur les propriétés voisines.
Les propriétaires d’entreprises ont souligné que ces problèmes ne sont pas uniquement liés au TLR, puisque la COVID-19 et l’incertitude économique durant la même période ont aussi contribué à des changements de comportement et à des préoccupations de sécurité partout en ville.
Pour s’adapter à cette nouvelle réalité, les gestionnaires immobiliers et les commerçants ont mis en place des mesures supplémentaires, comme des patrouilles de sécurité accrues, des changements dans l’accès aux magasins et une communication plus étroite avec la police et les associations communautaires.
Constatations
Tendances générales
Dans la plupart des entrevues, les répondants ont décrit la période suivant l’ouverture du TLR comme difficile, avec des hausses de vols, de flânage et de troubles généraux. Toutefois, plusieurs ont noté que ces problèmes se sont stabilisés ou ont diminué avec le temps. La COVID-19 a aussi eu un impact important sur les habitudes commerciales, ce qui rend difficile de séparer les effets du TLR des tendances plus larges après la pandémie.
Gloucester Centre (point de vue du propriétaire)
Les propriétaires ont observé des problèmes initiaux de vagabondage et de stationnement de longue durée lorsque le TLR a été lancé. Des navetteurs laissaient souvent leur voiture toute la journée, ce qui a mené à un contrôle plus strict du stationnement. Des troubles liés aux jeunes ont aussi augmenté brièvement après la réouverture des écoles après la COVID, mais ont depuis diminué.
Même si le TLR a amélioré l’accessibilité, le niveau d’affaires demeure relativement stable, et les préoccupations actuelles liées au vol ou au vandalisme sont minimes. Le centre continue de servir une forte clientèle de jour, surtout des travailleurs de bureau du secteur.
Restaurant State & Main
State & Main a signalé un impact surtout neutre du TLR. Le niveau d’achalandage quotidien est demeuré stable, mais la station apporte des avantages clairs lors de grands événements à Ottawa, comme Bluesfest et les concerts. On observe alors des hausses temporaires des ventes lorsque les clients utilisent le TLR pour se déplacer.
De petits incidents liés à des personnes en situation d’itinérance ont été signalés l’an dernier, mais ont depuis diminué, ce qui laisse croire à un environnement plus stable en 2025.
LCBO (Gloucester Centre)
La LCBO a connu des effets partagés. Le TLR a amélioré l’accessibilité et l’achalandage, mais a aussi facilité la fuite après certains vols. Le personnel a noté du flânage et quelques troubles mineurs, tout en précisant que les mesures de sécurité ont été renforcées depuis 2020.
Le représentant, en poste depuis 2012, a souligné que le secteur a beaucoup changé après la COVID, reflétant des changements sociaux et économiques, et pas seulement des effets liés au transport en commun.
Canadian Tire (station Blair)
Cet emplacement a signalé des hausses notables de vols et de flânage, ce qui a mené à l’ajout de mesures de sécurité. Même si le TLR a pu améliorer l’accès pour les clients, le personnel a indiqué que l’impact principal concerne surtout la gestion de la sécurité plutôt que les ventes. Ils ont toutefois noté que la collaboration continue avec la police a aidé à stabiliser la situation avec le temps.
Walmart (Gloucester Centre)
Walmart a fait face à des niveaux élevés de vols et de vandalisme, en partie liés à la proximité du pôle de transport.
Le magasin a réagi en fermant son entrée intérieure vers le centre commercial, ce qui a réduit les vols de façon importante.
Malgré ces défis, le magasin bénéficie d’une bonne visibilité et d’un accès facile depuis la station Blair, ce qui attire une clientèle constante. Le représentant a insisté sur le fait que la COVID-19 a eu un impact financier plus important que le TLR, et que la reprise après la pandémie a amélioré l’activité générale.
Les résultats
Selon les rapports de tendances criminelles du Service de police d’Ottawa pour le quartier 11, les années suivant le lancement du TLR ont coïncidé avec une hausse marquée des crimes déclarés. Entre 2021 et 2022, le nombre total d’incidents criminels a augmenté d’environ 50 %, les infractions contre les biens et le vol à l’étalage représentant la plus grande part de cette hausse. Les crimes violents ont aussi augmenté, mais plus lentement. Cette hausse correspond à ce que plusieurs communautés ont vécu après les confinements liés à la COVID-19, ce qui rend difficile d’attribuer ces augmentations uniquement au TLR.
En 2023 et 2024, la situation s’est toutefois stabilisée. Le nombre total de crimes s’est maintenu, et certaines catégories ont même légèrement diminué. Les crimes violents sont demeurés stables, et les crimes non violents ont montré une légère amélioration par rapport à l’année précédente. La réponse policière s’est aussi améliorée : les taux de résolution ont augmenté et les appels de service ont légèrement diminué, ce qui suggère une meilleure gestion des problèmes récurrents et une présence plus constante dans la communauté.
Malgré ces améliorations, les crimes contre les biens demeurent l’un des défis les plus persistants autour de la station Blair. Les vols de moins de 5 000 $ restent bien au-dessus de la moyenne sur cinq ans, surtout pour les entreprises du Gloucester Centre et du corridor commercial voisin. Les vols de véhicules et les introductions par effraction demeurent aussi plus élevés que la normale. Ces tendances sont semblables à celles observées près d’autres grands pôles de transport de la ville, où la forte circulation attire à la fois des clients légitimes et des personnes opportunistes.
L’Indice de gravité de la criminalité (IGC) donne aussi une image plus claire de la tendance générale.
Après avoir augmenté durant les premières années du TLR et la fin de la pandémie, l’IGC a commencé à diminuer, passant de 75,0 en 2022 à 72,37 en 2024. Cela indique que, même si le nombre d’incidents demeure plus élevé qu’avant la pandémie, la gravité des infractions n’augmente pas. Le secteur se dirige plutôt vers une plus grande stabilité, à mesure que les stratégies policières et les mesures de sécurité des entreprises portent fruit.
Dans l’ensemble, les données montrent une réalité nuancée. La station Blair a attiré plus de personnes et d’activité dans le secteur, créant à la fois des occasions pour les entreprises locales et de nouvelles pressions en matière de sécurité. Les défis ont été plus marqués dans les premières années, mais les données récentes suggèrent un retour graduel à une situation plus stable, alors que le quartier s’adapte, que la présence policière devient plus ciblée et que les entreprises ajustent leurs propres mesures de sécurité.
De plus, la carte de la criminalité indique que les incidents ont d’abord augmenté après l’ouverture de la station, surtout pendant la pandémie, mais se sont depuis stabilisés grâce à une plus grande visibilité policière et à la présence de sécurité sur place.
Les entreprises signalent une meilleure coordination avec les autorités locales, et la plupart notent que la station continue d’attirer un achalandage quotidien constant et demeure un lien essentiel pour les clients et les employés.
Les images suivantes présentent des données tirées de la carte de la criminalité du quartier 11 (Beacon Hill–Cyrville).
Des conversations récentes avec des représentants policiers soulignent que plusieurs des défis observés autour de la station Blair reflètent des tendances plus larges après la pandémie, plutôt que seulement l’arrivée du TLR. Les hausses du vol à l’étalage et des troubles sociaux à Ottawa sont en grande partie influencées par une combinaison de problèmes de santé mentale, de consommation de substances et par le virage vers des politiques de non-intervention dans les commerces, adoptées pour protéger le personnel. Le vol organisé dans le commerce de détail a aussi augmenté, avec des groupes coordonnés qui ciblent plusieurs établissements à travers la ville. Ces pressions à l’échelle de la ville aident à expliquer pourquoi certaines catégories de crimes ont augmenté alors que d’autres ont diminué.
Par exemple, les vols de véhicules à Orléans ont diminué de façon importante, d’environ 43 % entre 2023 et 2024, en partie grâce à des changements récents dans la sécurité du port de Montréal, qui ont perturbé un important réseau d’exportation de véhicules volés. Ces tendances mixtes montrent que les données locales sur la criminalité sont influencées par plusieurs facteurs externes et ne peuvent pas être attribuées à une seule infrastructure.
Le secteur de Blair connaît aussi un plus grand nombre d’interventions liées aux services sociaux en raison de la présence de centres de ressources et de l’Hôpital Montfort à proximité, ce qui entraîne naturellement certains types d’appels. Les stations voisines du prolongement de la phase 2 du TLR, qui seront situées à Orléans, ne se trouvent pas près de refuges, de services en dépendance ou de grands centres de soutien, ce qui rend moins probable l’apparition de tendances semblables.
Bien qu’une légère augmentation des campements puisse se produire, surtout dans des zones boisées comme derrière le Metro ou près du chemin Innes, rien n’indique qu’Orléans connaîtra une hausse importante de la criminalité liée au TLR. La PPO (OPP) continuera de surveiller les tendances lors de réunions hebdomadaires d’analyse de la criminalité, afin d’identifier de nouveaux points chauds s’ils apparaissent, plutôt que de présumer à l’avance des impacts à grande échelle.
Dans l’ensemble, les informations recueillies appuient un thème central de cette étude de cas : des facteurs comme la pandémie, les pressions liées à la santé mentale, le crime organisé et les politiques de sécurité en magasin jouent un rôle beaucoup plus important dans les tendances actuelles de la criminalité que la présence du TLR elle-même.
Leçon ou message clé
L’expérience autour de la station Blair met en lumière la relation complexe entre les grandes infrastructures de transport et la perception de la sécurité locale. Une augmentation de l’achalandage peut apporter à la fois des occasions et des défis, en revitalisant un secteur tout en nécessitant une planification proactive en matière de sécurité et de police communautaire.
Pour la ZAC (BIA) et les partenaires locaux, le message est clair : une coordination rapide et une communication continue entre les autorités de transport, les services policiers et les entreprises voisines sont essentielles. L’accès à des données criminelles détaillées et transparentes aidera à repérer les tendances et à appuyer des demandes fondées sur des faits pour des mesures de sécurité supplémentaires, au besoin.
Alors que le TLR d’Ottawa continue de s’étendre, la station Blair sert d’étude de cas importante, rappelant aux intervenants que le succès ne se mesure pas seulement par l’efficacité des déplacements, mais aussi par la capacité de garder les communautés environnantes sécuritaires, accueillantes et dynamiques.
Sources
Gloucester Centre (chemin Ogilvie) — conversation téléphonique le 4 novembre 2025
State and Main (chemin Ogilvie) — conversation téléphonique le 4 novembre 2025
LCBO (chemin Blair) — conversation téléphonique le 4 novembre 2025
Canadian Tire (chemin Ogilvie) — conversation téléphonique le 5 novembre 2025
Walmart (chemin Ogilvie) — conversation téléphonique le 12 novembre 2025
Service de police d’Ottawa, Division Est — rencontre en personne le 11 décembre 2025
Carte de la criminalité du Service de police d’Ottawa — cumul annuel (quartier 11)
Rapports sur les tendances de la criminalité 2021-2022 et 2023-2024 (quartier 11)